L'acte d'émeute

Lorsque les mineurs firent procession dans les rues d’Asbestos et se dirigèrent vers les installations minières afin d’empêcher les scabs de rentrer au travail, les policiers se sentirent bientôt déborder. D’autres mineurs avaient élevé des barrages routiers afin d’empêcher des travailleurs extérieurs de se rendre à la mine. Afin de ne point perdre le contrôle de la situation, le directeur adjoint, M. Hilaire Beauregard, pria le juge de paix de Sherbrooke, M. Hartley O'Bready, de mettre en force la loi d’émeute.

Cet acte d’émeute interdisait tout rassemblement de plus de deux personnes sur les rues de la ville. C’est le 6 mai 1949, à 7 heures du matin, que la lecture de l’acte d’émeute était lue, sur le parvis de l’église Saint-Aimé d’Asbestos. Le juge O’Bready, en compagnie de l'inspecteur M. Norbert Labbé, en fit donc la lecture.

Le juge O'Brady À Asbestos, le 6 mai 1949, à 7 heures du matin, le juge de paix Hartley O’Brady lit l’acte d’émeute
SAHRA Fonds Fonds Les Célébrations du centenaire de Thetford Mines 1992.
Article 91 de la loi contre les attroupements illégaux et les émeutes: Notre souverain Seigneur le Roi enjoint et commande à tous ceux qui sont ici présents de se disperser immédiatement et de retourner paisiblement à leurs domiciles ou à leurs occupations légitimes, sous peine d'être déclarés coupables d'une infraction qui peut être punie de l'emprisonnement à perpétuité. Dieu sauve le Roi.

Le couperet venait de tomber. Les policiers avaient la loi de leur côté et ne se firent pas prier pour l’appliquer, parfois même à outrance. Ce zèle suspect se poursuivit tout au long de la journée et eut des conséquences parfois dramatiques pour certains mineurs.